Mi-novembre, SEOMoz annonçait que son accès à l’API Adwords était révoqué. Hier, le 7 décembre, c’est le fournisseur d’outils en Search Marketing, Raven Tools qui annonce, par la voix de son CEO, qu’ils arrêteront à partir du 2 janvier de proposer dans leurs outils des données scrapées à Google, autrement dit les positions des sites de leurs clients dans les résultats de Google.

Donc Raven jette l’éponge, SEOMoz choisi d’abandonner l’api Adwords, Searchmetrics est pour l’instant épargné, mais la guerre de Google contre les scrapers est déclarée.

Je trouve étonnant qu’après avoir laissé faire durant tant d’anneés, Google se mette à resserrer la vis sur ce sujet. Peut être est-ce lié au déploiement du Knowledge Graph ? En effet, au delà des 570 millions d’entités nommées, ce sont les milliards de relations entres ces entités et de faits qui les caractérisent qui constituent aujourd’hui une partie de la valeur et de l’avance concurrentielle de Google dans le search. Grâce à ces relations et ces faits (ou caractéristiques) entre les concepts, Google va pouvoir imaginer de nouvelles interfaces, notamment pour tablettes et mobiles, et de nouveaux modes de navigation dans ses résultats de recherche, qui ressemblent d’ailleurs de moins en moins à des résultats de recherche, mais bien de plus en plus à des pages de contenus.
Et donc il est normal que Google ne souhaite pas voir son avance technologique pillée par d’autres sociétés, et encore moins si ces autres sociétés sont tenues par des SEOs ^^
Un évènement survenu en septembre 2012 pourrait peut être renforcer cette piste : l’Open Knowledge Graph, un projet lié aux milieux universitaires du Web Sémantique, a été fermé par Google. L’objectif était de construire une base de données du Knowledge Graph, accessible via API, et alimentée grâce à la diffusion d’un plugin Chrome permettant de scraper en JSON les entités et les relations du nouveau joujou de Google, en mode Crowdsourcing, donc. Je vous invite à aller lire l’explication du projet si vous souhaitez avoir plus de détail : http://openknowledgegraph.org/
Après avoir lancé le projet en août et récolté par ce biais près de 3 millions d’items du KG, Google leur a mis la pression pour les empêcher de continuer :

Plus d’explications ici : http://openknowledgegraph.org/sparql
Cette réflexion n’est qu’une simple supposition un peu tirée par les cheveux mais qui reste d’actualité, à l’heure où les liens entre les entités risquent de remplacer les liens entre les pages web…